
Le Festival de l’Orangerie de Sceaux fête son quarantième anniversaire. Une telle aventure n’aurait pu se réaliser sans l’impulsion d’Alfred Lœwenguth, fondateur du Quatuor Lœwenguth, qui, par ses archets, a illuminé la culture française à travers le monde. Les mélomanes attiraient souvent son attention sur l’absence de vie musicale en Île-de-France durant l’été, alors que de nombreux festivals se développaient à l’étranger. Scéen de cœur, Alfred dut à sa rencontre avec Georges Poisson, Conservateur du Musée d’Île-de-France, l’opportunité de créer la Saison Musicale d’Été de Sceaux en 1969, dans l’Orangerie désaffectée mise à sa disposition.
Alfred Lœwenguth s’entoura d’une équipe : Odette Durand, Jacqueline Lœwenguth et Yves Haguenauer en formèrent la cheville ouvrière. Jusqu’à son décès en 1983, Alfred exerça une action déterminante comme Président et Directeur artistique. Son charisme, sa volonté d’aboutir, ouvrirent la programmation à des orchestres, des ensembles de chambre, de grands solistes…
Soucieux de continuer son œuvre, un Comité artistique vit le jour en 1984 autour de Jacqueline Lœwenguth, avec le pianiste Claude Helffer, le violoncelliste Roger Lœwenguth, le flûtiste Alain Marion et Jacques Favart. Sous l’appellation de Festival de l’Orangerie de Sceaux se poursuivirent des moments privilégiés de convivialité dans ce lieu de mémoire où la place de la musique de chambre s’est affirmée. En ces quarante années, instrumentistes, formations diverses et chanteurs ont forgé la réputation de cette manifestation. Le Comité artistique, le Bureau et tous les bénévoles y ont contribué chacun à leur manière.
Grâce au soutien du Conseil général des Hauts-de-Seine, cette saison se place encore sous le signe de la qualité et de l’ouverture. La programmation célèbrera le bicentenaire de la naissance de Mendelssohn, mais aussi celui de la mort de Joseph Haydn, inventeur du quatuor à cordes. Ils occuperont tous deux une place de choix parmi les vingt concerts répartis du 11 juillet au 13 septembre 2009.

Des récitals de piano de Roger Muraro, Abdel-Rahman el Bacha, Claire Désert (qui mettra en miroir le couple Schumann et Bruno Mantovani), ou ceux d’interprètes prometteurs tels Shani Diluka, Guillaume Coppola, voisineront avec des grands moments de musique de chambre et une incursion dans le domaine de la mélodie avec la soprano Karen Vourc’h (couronnée aux «Victoires de la Musique») qui joindra sa voix à celle de la pianiste Susan Manoff. Aux Quatuors Leonis, Manfred, Modigliani, Schumann, Kocian et Pražák (interprète le 29 août du Quatuor n°6 de Martinů à l’occasion du 50ème anniversaire de sa mort) s’associeront des instrumentistes : le pianiste Jean-Claude Henriot, l’altiste Lise Berthaud ou le clarinettiste Florent Héau.
En duo : l’altiste Gérard Caussé (et Brigitte Engerer), les violonistes Nicolas Dautricourt (et le pianiste Giovanni Belluci), David Grimal (et Michel Dalberto) ou encore les violoncellistes Gary Hoffman (accompagné de David Selig), Marie-Elisabeth Hecker, victorieuse du dernier Concours Rostropovitch (en compagnie de Martin Helmchen, Prix Clara Haskil), rivaliseront de talent dans des programmes d’une grande diversité.
Le Wiener Klaviertrio ouvrira le bal le 11 juillet dans des Trios de Beethoven, Mozart et Schumann, et le Trio Guarneri de Prague se produira le 5 septembre dans Haydn, Mendelssohn et Dvořák.
Le dernier concert sera placé sous le signe de la fidélité : Pascal Moraguès, Christian Ivaldi et Philippe Muller auront à cœur, grâce à Mendelssohn et Brahms, Bruch et Poulenc de rallumer une nouvelle fois ces étoiles dont parlait Apollinaire...
Michel Le Naour
Nos remerciements à Jacqueline Lœwenguth
dont l’aide précieuse et la connaissance du Festival
ont permis d’en restituer l’histoire.

