2019

Édito

Exceptionnel : le Festival de l’orangerie de Sceaux souffle 50 bougies !  En 1969, lorsqu’il le fonde après quatre décennies avec "son" quatuor Loewenguth, Alfred Loewenguth (1911-1983) n’ose penser que son projet atteindrait le demi-siècle ; cet horizon relevait de l’utopie, de l’impensable. Seules trois composantes en étaient alors fermes. Un lieu : cette orangerie, grandiosement intime en son architecture "Grand Siècle", comme en son acoustique. Un répertoire : toute la musique de chambre, de son origine jusqu’à l’aujourd’hui. Enfin, des compagnons de route : des solistes et des ensembles de chambre, célèbres ou "jeunes pousses", tous maîtres de leur art pour habiter cet espace. Les nommer serait vain, tant (presque) tous les plus grands ont fait chanter ces voûtes.

Un demi-siècle de continuité tient aux équipes qui ont animé et animent ce festival. Au premier rang, Alfred Loewenguth, le guide, jusqu’en 1983. Puis Jacqueline Loewenguth, sa belle-soeur, qui, décédée au seuil de l’été dernier, manqua de si peu cet anniversaire et à laquelle les éditions 2018 et 2019 sont évidemment dédiées. Enfin, un renouvellement par étapes, avec Jean-François Heisser, directeur artistique depuis quelques années.

Grâce l’indéfectible soutien des collectivités territoriales (au premier rang, le Conseil Départemental des Hauts-de-Seine), à une équipe passionnée qui contribue au bon déroulement des  concerts et à l’enthousiasme d’un public, connaisseur, fidèle et critique au meilleur sens du terme, le Festival de l’orangerie de Sceaux perpétue le souhait de ses fondateurs de présenter chaque été une série de concerts de musique de chambre d’un niveau d’exigence élevé, mais toujours accessible au public qui l’accompagne.

Le Festival est en route pour un autre demi-siècle. Qu’il vive encore longtemps au service de la musique !

Jean-Luc Bérard, président.